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  Un Samu pour la nature - Le Parisien 12/08/2005

 

PAS DE VACANCES pour le Samu de l'environnement. La camionnette blanche stationne devant un étang du Bas-Rhin où des poissons se meurent cet été. Quatre experts, qui semblent sortis d'une série télé de science-fiction, enfilent leur combinaison intégrale et des gants en plastique. Leurs instruments dernier cri en mains, ils mesurent l'acidité de l'eau, sa température, son taux d'oxygène, traquent les phosphates meurtriers. Unique en Europe, l'ambulance écolo, pilotée depuis deux ans par une société privée prenant ses quartiers à l'hôpital civil de Strasbourg, démarre dès que l'eau, l'air et la terre se trouvent en danger. « Nous sommes un peu les pompiers de la nature », résume, entre deux prélèvements, Youssef, étudiant en DEA de toxicologie. « C'est l'outil du futur » Mobilisable 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, y compris en plein mois d'août, sur simple appel au centre antipoison, le fourgon high-tech intervient dans l'urgence dans un périmètre de 100 km autour de la capitale alsacienne. C'est un véritable laboratoire mobile pourvu d'un incubateur et d'un congélateur, alimentés en énergie par les panneaux solaires posés sur le toit. Sur le terrain, Fariborz Livardjani, inventeur du concept, et ses quatre collègues jouent les urgentistes de l'environnement : « Plus tôt on connaît l'origine de la pollution, plus vite on peut agir. Notre rôle n'est pas de dénoncer, mais de donner des recommandations », prévient le docteur Livardjani. Ses clients ? Pêcheurs, entreprises, élus ou particuliers qui paient tous le même tarif, 500 la prestation. L'équipe de scientifiques fonce lorsqu'un nuage d'ammoniac, s'invite dans la chaîne de production d'un fabricant de pièces automobiles, quand des fûts de substances toxiques sont abandonnés dans une déchetterie... Ou lorsque des cours d'eau, au plus bas en raison de la sécheresse, sont souillés par la surconcentration des pesticides agricoles ou des rejets industriels. « Quand tout le monde part en congé, les pollueurs en profitent », observe le patron. Pour ne pas perdre de temps dans les embouteillages, il a obtenu de la préfecture l'autorisation d'utiliser un gyrophare bleu « comme la police ». « La force du Samu, c'est sa rapidité. Sans cette réactivité, davantage de poissons auraient succombé », reconnaît Robert Erb, président de la Fédération de la pêche du Bas-Rhin. Hubert Stoquert, maire de Zinswiller, village de 765 âmes à 50 km au nord de Strasbourg, a eu recours à ses services car « depuis des années, on ne trouve plus de truites fario dans la rivière ». « Cet engin est révolutionnaire, c'est l'outil du futur », encense l'édile à la casquette, retraité de l'Office national des forêts. Les premières analyses à la station d'épuration n'ont rien décelé d'alarmant. Les spécialistes se tiennent prêts à revenir après de fortes pluies afin de peaufiner leur diagnostic. Pour que monsieur le maire sache enfin pourquoi les poissons ne mordent plus à l'hameçon.



Le Parisien [plus d'info]


Cet article a été publié dans la rubrique Vivre Mieux

Notre environnement cet été


Vincent Mongaillard | 12.08.2005


 

 



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