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  Ça pue ? Alors, Samu ! 12/01/2006

Article publié par LEMARCHAND JULIA plus d'info


Le premier Samu de l'Environnement a été créé à Strasbourg, avec des fonds privés. nous l'avons suivi dans la ville de Masevaux (bas-rhin), infestée d'odeurs aussi

nauséabondes que mystérieuses. Une affaire plus sérieuse qu'il n'y paraît. Quatre silhouettes gainées de combinaisons intégrales blanches, empoignant, mains gantées, des appareils high-tech sur un pré d'une vallée vosgienne… Non, nous ne sommes pas sur le tournage d'un film de science-fiction mais sur une intervention du Samu de l'environnement. Unique en France et en Europe, la camionnette blanche intervient, gyrophare en action, et, si l'urgence l'exige, dans un rayon de 100 km autour de Strasbourg. Au chevet de la nature, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, sur simple appel au centre antipoison(1), qui l'héberge. Aujourd'hui, pas de déversement d'acide toxique ou autres nuages d'ammoniac, mais une odeur putride qui empoisonne depuis deux ans la paisible existence des 3500 habitants de Masevaux, près de Mulhouse, dans le Bas-Rhin. Anecdotique ? Pas forcément. L'année dernière, la très sérieuse Agence pour l'environnement et la maîtrise de l'énergie (Ademe) organisait un colloque sur les odeurs et de nombreuses municipalités, comme Rouen et Le Havre, ont nommé des « correspondants nez » chargés de traquer les mauvais effluves, une calamité pour les riverains, notamment dans les zones industrielles. Ainsi à Masevaux, malgré des recherches poussées, la mairie n'est pas parvenue à en déceler l'origine. Et a fini par solliciter l'équipe du Dr Fariborz Livardjani, inventeur et animateur de ce laboratoire mobile, opérationnel depuis juin 2003, grâce à l'investissement d'AD scientifique, une société privée.

À peine débarqués à Masevaux, les scientifiques se dispersent et passent à l'action. Les uns, penchés au-dessus de la Doller, rivière qui serpente à travers le bourg, les autres, la tête dans les conduits d'assainissement. La qualité de l'air circulant y est évaluée à l'aide de la sonde de l'oxymètre. Des échantillons d'eau sont prélevés et analysés quelques minutes plus tard dans le fourgon suréquipé. Doté d'un panneau solaire sur le toit, le véhicule, qui a coûté la bagatelle de 230 000 s, dispose d'appareillages dignes des labos les plus performants. Pour l'heure, le mystère reste entier. Est-ce la station d'épuration, vieille de trente ans? Ou les travaux sur le réseau d'assainissement communal? Ou encore des rejets industriels dans la Doller ?

Intrigués par l'effervescence qui règne au milieu de leur champ, Bernard et sa mère, Germaine, agriculteurs à la retraite, témoignent : « C'est affreux. Nous sommes obligés de nous enfermer chez nous. Sinon, c'est maux de tête et nausée. » Fort des questionnaires distribués à la population, le Dr Livardjani flaire une piste : « Cette odeur rappelle l'œuf pourri. Une caractéristique des produits soufrés, généralement libérés par des poches de gaz qui se forment dans les canalisations dont le débit n'est pas assez important et se répandent lorsqu'un écoulement normal reprend. »

Finalement, la ténacité des traqueurs d'odeurs a payé : des traces de sulfites sont détectées. En cause : un tronçon du réseau d'assainissement de la ville voisine de Guewenheim (Haut-Rhin), qui termine sa course dans le quartier Mason. Reste à poursuivre l'investigation. « Maintenant que nous avons une piste sérieuse, nous allons engager très vite des actions : passage d'une caméra dans le réseau et surtout le curage. »

(1) N° d'appel d'urgence : 03 88 37 37 37. /BLOC WEB

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